Nimrod ~ Ciels errants

Photo © Alain Fleischer

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II

J’ai aimé ma mère j’ai embrassé son destin
Comme un fils comme un mendian
Qui priait en secret les dieux d’allonger
Ses jours à proportion des miens. Je l’aime
Comme un exilé saisi par la douleur d’espérer
Les vœux qu’on remise à peine nés
Au fond d’un cœur taillé pour le bonheur.
Au sort, ma mère présentait des comptes
Sans envier personne____ni même la lune
Ni même le soleil____elle qui était
Courageuse sans être mère courage.
Je pleurais en la voyant si sereine
Moi que tourmentaient les pressentiments
En cette zone de l’être où nait un cœur de poète

Nimrod, extrait de J’aurais un royaume en bois flotté
Anthologie personnelle 1989-2016 – Poésie/Gallimard, 2017

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► Un autre extrait de Ciels errants ICI

Ciels errants (extrait) ~ Nimrod

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III

Certains jours, avec une insistance sans pareil me revient
____________MON ENFANCE DÉROBÉE
Les routes désertes sans témoin calme plat
Ce cœur cet espace enivrés au phosphore
____________MON ÉPITAPHE EST DÉJÀ ÉCRITE

_____Le doute me reprend
Voici la joie voici la solitude
__Comme une parole d’épices
__Un ahan au cœur des Indes

_____Je ris de ma condition
Elle m’abrutit au regard des gens
Je leur suis supérieur en tout
C’est encore rire du désespoir
Que de faire usage d’un humour qui les effraie tant

_____Je hais la morgue des superbes
_____Je réclame la purge des larmes
Ces larmes exquises vaisseau vaisselle d’argent
Posés à même la margelle d’un puits samaraitain
__Voici la table où j’aimerais souper
___Mais je soupire à force de manque
___Et finis par trébucher
___Sur mon chant favori :

Les superbes
Les superbes
Les suuuupeeeeerebes

[…]

Nimrod, en souvenir d’un passage au Marché de la Poésie

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Éléments biographiques
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