III – Lieux où l’on n’est jamais tout à fait

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Lieux — ceux du vent.

Car le vent est un nerf amoureux. Il joue d’amour et de visage et de crinière
et tremble et rit et s’enivre de ces familiarités qui vous bousculent au mugissement tendre d’avril.

Ici Les môles de la tourmente colère méditerranée,
tombeau des haines et des résistances,
là brise-lames en faveur d’océan,
et la mémoire qui reconduit à l’audace d’un hiver passé. Trinité oubliée dans l’odeur merveilleuse des appétits de janvier, serrée de longs pans de laine cachemire dans l’hiver dunaire, sous ciel insolent et glacé
— et le vent, le vent, témoin gourmand d’un front hardi où dans l’entre-deux rougissant, pudeur et aplomb se joignent.

(pour se donner du courage)