Tête en bas ~Étienne Faure

 

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Le fleurissement noir des corbeaux en gerbe
au-dessus des labours annonce
le retour des famines et des guerres
dans les tableaux enneigés de fusain
presque en cendre, au soir consumés,
cadavres de chevaux et d’humains tombés
à la bataille, se disant, gisant, je suis gisant
noir figé, yeux grands ouverts,
pas de circulation,
le reste fut rincé d’un sabre d’eau claire,
j’existais voilà peu, la mort me prit au bord du ruisseau
il n’y a pas deux heures, deux cents ans, cela
alla si vite — quel foin dans le crâne,
vois comment le sol te reçoit,
ton corps, ta tête pleine de foin,
les vertèbres tournées vers les viscères,
et comment la main parfois recueille le front
avant la chute, tout cela
en peinture.

 

noir figé

 

Étienne Faure, extrait de Tête en bas [Gallimard nrf, 2018]

 

 

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