Le verbe des années ~ Antoine Choplin

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C’est un crâne


et des mâchoires ogresses
mordant
aux quais du bassin

un ventre d’ombre
où bat le chant
des suintements
et des éclats étranges

siffle encore
par ici
l’haleine des temps rudes
qui aimante
et
fait hâter le pas

au fond
les eaux ouvertes
immobiles
luisent
comme des langues grasses
qui n’en auraient pas fini avec les aveux

Sur les sols tendres
et silencieux
repris par les morts-bois

s’élève la multitude famélique

des araignées géantes
figées
par le flambant-neuf des sortilèges

on a lutté ici
on s’est serré les coudes

mais la mémoire
déjà
s’envole

et les bassins d’eau rouille
les allées noires
les brèches
racontent d’autres histoires

aux enfants
surgis

venus ensemble frotter leurs rêves
à l’inclémence des temps écoulés

cherchant
depuis les hauteurs fracturées
à porter ailleurs le regard
.

Antoine Choplin,  Les cargos glissent à l’horizon des rues
Éditions Cénomane, 2012
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