117. (avant-goût)

12 décembre

On vit avec des kystes d’amour disséminés dans sa chair, des ganglions,
de discrètes tumeurs, des chagrins… Et toutes ces choses, ainsi,
irrémédiables, cette suffocation d’être que l’on ne peut traduire,
ces paroles banales que l’on échange sur un trottoir ou dans une cuisine
(ma mère, soliloquant, moins rageuse que bouleversée, mon père,
qui remercie…), le geste enfin, quand on s’en va, la main qui s’agite
derrière le carreau, le visage dont on ne distingue plus la maigre clarté.
Ce que l’on n’exprime pas. Que l’on n’a ni le cœur ni les tripes de dire.

Lionel Bourg, Dans le vent du chemin (Cadex Éditions, 2000)

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