Cabines à jetons ~ Massimo Pastore

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Drames suicidaires dans les cours de l’amour espion
souillant de nos mains, de nos bites et de jets télescopiques
l’interdiction sévère de jouer au ballon
quand nous avions quinze ans
quand enrouler sa veste autour de la taille était à la mode
ou se jeter des trous d’égout bouches du ciel
en criant — mon dieu mon dieu pourquoi m’as-tu abandonné
tandis que nos pères, parents et amis faisaient la queue
pour réserver lobotomies grâces et méthadones
opinant du chef comme des chevaux matés chevauchés par de crasses portions du monde
chevaux de pierre sodomisés par des fibres de coton et de filigrane
oh, tes garçons tremblent sous les porches en vrac
titubant à la façon de caméras spasmodiques
dégringolant du sommeil
fumant des cigarettes mouillées
pleurnichant aux armées
avalant la rue noire
dans l’étrange mécanisme de la nuit…

pendant les jours de l’enfer là-dessous
entre les fontaines de l’imagination
nous poussions repus et maudits
comme des arbres aux poires furieuses
maniant des armes cosmiques
dans les cours de l’amour espion
souillant de nos mains, de nos bites et de jets télescopiques
l’imbécile qui au premier étage voulait percer notre ballon
et je te dis tout ceci tandis que j’erre nu-pieds par le monde
cherchant une cabine à jetons pour te dire à la hâte
ne crains pas pour moi
j’ai déjà passé ce mois,
____________________________________sans mourir de faim…

 

banksy_street-art

Street art by Bansky

CABINE A GETTONI

Drammi suicidari in cortili d’amore spia
a insudiciare con mani e cazzi e getti telescopici
il severo divieto di giocare alla palla
quando avevamo quindici anni
quando andava di moda arrotolarsi la giacca sui fianchi
o piombare giù da tombini bocche del cielo
gridando –mio dio mio dio perchè mi hai lasciato–           
mentre padri parenti e amici facevano la coda
per prenotare lobotomie e grazie e metadone
annuendo come cavalli sedati cavalcati da sporche porzioni di mondo
cavalli di pietra sodomizzati da fibre di cotone e filigrana
oh, i tuoi ragazzi tremano negli androni “scatafasciati”
traballando come cineprese spastiche
cascando dal sonno
fumando sigarette bagnate
singhiozzando negli eserciti
deglutendo strade nere
nello strano meccanismo della notte…

nei giorni infernali la sotto
tra fontane di immaginazione
crescevamo pasciuti e maledetti
come alberi di pere furiose
maneggiando armi cosmiche
in cortili d’amore spia
insudiciando con mani e cazzi e getti telescopici
lo stupido che al primo piano ci voleva bucare il pallone
e ti dico tutto questo mentre giro a piedi nudi il mondo
cercando una cabina a gettoni per dirti frettolosamente:
non temere per me
ho già passato il mese,
________________________________senza morire di fame…   

Massimo Pastore, Cabine a gettoni e altre poesie
Traduction © Valérie Brantôme, octobre 2014

____________________________________________________________________________
► Un autre poème ici > Astratto palpabile
► Sur Massimo Pastore, voir (en italien) les notes de Giacomo Cerrai sur Imperfetta Ellisse

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