Hommage à Góngora ~ Robert Marteau

Photo © MarcinSasha

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Jeune marin, vos tempes bleu de ciel,
Dans la mer vos mains guettent les étoiles,
L’arbre où la pomme et le poisson se meuvent,
Le chariot plein de sacs, le cheval, le filet ;
Des mailles la rivière qui s’enfuit ;
Un serpent dans le foin ; une nasse
De perdreaux ; vos doigts dans le sable
Tracent les signes de la fortune.

Marin si jeune que  l’herbe est bleue
Quand poind la rosée ; la neige s’abîme
Dans un brasier de chardons : marin,
Marin, m’aimez-vous, moi qui m’abîme dans les flammes,

Moi qui tresse à vous attendre des paniers de soucis,
Mes chevilles dans la mer, mes cheveux
Dévastant la vigne, nouant au cou des chèvres
La cordelette qui étrangle ?

M’aimez-vous, marin qui brûlez dans le sel ?
Attendrai-je au coin de l’oseraie
Jusqu’à l’automne rouge vos pas
Sur la cendre des feux de camps ?

Le noroît qui secoue les baies
Et les nids renversés dans l’aubépine
Au galop d’un cheval gagne les prairies de neige
Où ma tête qui saigne laisse vos initiales.

Robert Marteau, extrait de Royaumes
in Royaumes Travaux sur la terre Sibylles, Orphée La Différence, 1997

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