Alfredo de Palchi

de palchi

.

L’instrument qui érode l’existence
voilà le surplus qui me va bien
écrit au bas de la force —
n’oublie pas,
peut-être parviendrons-nous à la source
au morceau de terre où indiscret je serai
mon propre juge, aucun mur
aucune loi, tout ouvert,
portes fenêtres lit,
où nulle autre fange sur deux jambes
ne jugera.

Lo strumento che erode la vita
è il surplus che conviene a me
sottoscritto alla forza —
non dimenticare,
forse arriveremo all’origine
al pezzo di terra dove sarò l’indiscreto
giudice di me stesso, non muri

non leggi, tutto aperto,
porte finestre letto,
dove nessun altro fango su due gambe
giudicherà.

*

Parce que je blanchis l’existence
par le travail
et par le sou prêt à
solder chaque mois les factures de mes forfaits
étayer mes dettes dans la laideur permanente
et puis voir
presque sentir en moi que la beauté
est là et à l’entour du matin —
qu’elle continue ainsi qu’elle continue
pour que je reste debout face
à tant de gifles au visage.

È che imbianco l’esistenza
con il lavoro
            e con il soldo pronto
a saldare ogni mese le fatture dei misfatti
a puntellare i debiti con la bruttura costante
e poi vedere
quasi sentire che in me la bellezza
c’è e intorno al mattino —
che continui così continui
perché io stia in piedi davanti
a tante sberle di facce.

*

Alors pourquoi pleurer sur ce qui est
et n’a pas été
ou bien être dans l’illusion d’une vie qui n’est pas celle
qu’elle aurait dû être et qu’elle devrait
être / l’échec déjà
descend vers le nadir / pas de rattrapage
de redémarrage à zéro,
le résultat final était
au commencement.

— adopté par la laideur
et violence à présent
la colère de mon âge est comme habits
déchirés / essence
dans le moi lacéré.

Perchè allora rimpiangere quello che è
e non è stato
o illudermi di una vita che non è quella
che sarebbe dovuta e dovrebbe
essere / già il fallimento
scende al nadir / non c’è ricupero
un rincominciare daccapo,
il risultato finale era
all’inizio         
           — addottato dalla bruttura
e violenza ora
la collera della mia età è uno strappo
di vesti / è l’essenza
entro me lacerato.

.

Alfredo de Palchi, tratto da Costellazione anonima (1953 -1973)
in Paradigm, New and Selected Poems 1947-2009,  Édition bilingue italien- anglais,
conçue et présentée par John Taylor- Chelsea Editions, 2013

Traduction française des 3 poèmes cités © Valérie Brantôme, 2014

____________________________________________________________________
Site de l’auteur (en italien)
Biographie (en anglais)

Publicités

3 réflexions sur “Alfredo de Palchi

  1. Merci, Valérie, d’avoir traduit ces poèmes d’Alfredo de Palchi. Je lui ai envoyé le lien ce matin. Il en sera heureux. Comme tu sais sans doute, Roberto Bertoldo a beaucoup soutenu l’oeuvre d’Alfredo. A tout bientôt par mail– Bises, John

    • Cher John,

      c’est un peu grâce à toi, et à ce livre ! Je crois que tu lui as déjà envoyé par le passé le lien vers ces poèmes. En réalité, je n’ai fait que les transférer de l’autre site vers ici.
      Mais je me souviens de ce parcours, découvert avec plaisir.
      T’embrasse, à bientôt ! Valérie

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s