Lorenzo Calogero ~ Dur paysage

Dur paysage
comme les habitations primitives
des peuples du berceau.
Arbres, qui plient par enchantement
sur leurs racines
comme pour faire disparaître leur ombre,
calices qui ploient au cœur
comme s’ils voulaient, de peu, goûter
au triomphe de leur mort,
denses et amples mystères
qui franchissent la cime des arbres.
Adviennent des mythes secrets,
témoins les étoiles
qui surgiront au couchant.
Ils nourrissent des herbes
qui ont le goût des morts et de visions
sans joie, des hommes tordus
inclinés sur leur ombre
dont on ne peut reconnaître
l’humain simulacre.
La route s’étire inerte
en horizons infinis
désireuse de rejoindre
les étoiles, où des champs infinis
habitent par-delà cette terre
dans une solitude infinie.
La voix de mort passe en chaque chose
elle n’a pas de limites, reléguée
aux tréfonds de nos passions.
Cette vie peu à peu s’éteint
jusqu’à disparaître comme un oracle,
un ultime horizon.
Ce pesant sacrifice
qu’aujourd’hui la terre endure !
Aujourd’hui et à jamais.
L’éclaircie, miracle des collines.
On ignore où cela commence
où cela finit.
Son apparence restaurée
est toujours de retour.

Lorenzo Calogero, extrait du recueil Poco suono (1933-1935)
Traduction © Valérie Brantôme, 2013

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Paesaggio duro

Paesaggio duro
come le primitive abitazioni
dei popoli della culla.
Alberi che si piegano per incanto
sulle loro radici
come a far scomparire la loro ombra,
calici che si piegano in un punto
quasi volessero assaporare
il trionfo della lor morte,
ampi densi segreti
che trascorrono le cime degli alberi.
Si compiono miti arcani,
testimoni le stelle
che apariranno sul tramonto.
Aprovigionano erbe
che sanno di morti, di visioni
non liete uomini adunchi
chini sulle loro ombre
di cui non può riconoscersi
il lor simulacro umano.
La via si stende inerte
per orizzonti infiniti
desiderosa di ricongiungersi
con le stelle, con gli infiniti campi
che abitano oltre di questa terra
in solitudine infinita.
La voce di morte trascorre in ogni cosa
e non ha confine, relegata
nel fondo delle nostre passioni.
Questa vita si spegne pian piano
sino a sparire come un oracolo,
un ultimo orizzonte.
Denso sacrificio
ch’oggi soffre la terra!
Oggi e sempre.
Miracolo de’ colli la rischiara.
Non si sa quale sia l’inizio,
quale sia la fine.
La sua rinnovata apparenza
ritorna sempre.

Lorenzo Calogero, tratto da  Poco suono (1933-1935), Poesie,
Rubettino Editore, 1986, a cura di Luigi Tassoni


► Un autre poème de Calogero sur EF : Lettres d’Amour
►Site consacré au poète (en italien) Lorenzo Calogero
► D’autres poèmes en double traduction sur Imperfetta Ellisse (traduction anglaise par John Taylor)
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