Roberto Bertoldo ~ extraits de Il calvario delle gru

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Ringrazi a Giorgio Linguaglossa, sulL’ombra delle Parole, per questa magnifica scoperta.

I

Ta solitude est un revers imprudent
elle frôle des à-pics aux allures de corniche
dans notre correspondance à l’émeri.
Même si l’étoile
de juillet s’abîme sur les matelas
éphémères, je couvre la terre de rides et d’infamie.
Ce n’est pas autre chose, la distance :
un trou que je renifle, un —gramme
de vides à restituer.
Toi qui es mon sanglot
et ma dérive,
la loutre qui avance majestueuse dans la fécondité.

Roberto Bertoldo, da Il calvario delle gru [La Vita Felice, Milano, 2000 & Bordighera press,
New York, 2003 pour la traduction anglaise de Emanuel di Pasquale]
Traduction française © 2015 – Valérie Brantôme

I

La tua solitudine è un risvolto incauto
e sfiora gli orridi che sanno di cornice
nel nostro carteggio di vetrata.
Anche se una stella
di luglio rovina alle stuoie
breve arrugo la terra e infamo.
Non è altro la distanza:
un buco che odoro, una – gramma
di vuoti a rendere.
Tu che sei il mio singhiozzo
e la mia deriva,
la lontra che incede nel fertile.

Roberto Bertoldo, da Il calvario delle gru [La Vita Felice, Milano, 2000]

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Aporie de brumes et de giboulées

Toi tu ne dis pas pourquoi tu aimes la pierre que je suis,
le chagrin assombri de la lande
entre le hêtre et l’algèbre mémorielle de la haie.
Pas de caresse de galère ni de vin d’images
qui respirent en mon crâne, de bec non plus,
ni ton sourire semblable à une calanque moussue.
Cette seule lumière qui s’évanouit, précise,
parmi les vers et les baisers de la cerise,
lèvres rouges arrachées aux baies qui pendillent,
cette seule lumière qui distille le souvenir
en un voile embu de crachin.
Ainsi béni le fruit
de ton sein stygien
sainte sainte raison du péché et de la misère
scorpion d’herbe, giboulées de froment.

Roberto Bertoldo, da Il calvario delle gru [La Vita Felice, Milano, 2000 & Bordighera press,
New York, 2003 pour la traduction anglaise de Emanuel di Pasquale]
Traduction française © 2015 – Valérie Brantôme

Aporia di nebbie e nevaschi

Tu non dici perché ami la pietra di me
il pianto più cupo della baraggia
tra il faggio e l’algebra di una memoria di siepe.
Non c’è carezza di galera o vino di immagini
a respirarmi nella testa, un rostro neanche,
né il tuo sorriso come calanco di muschio.
Solo questa luce che fugge precisa
tra i bachi e i baci di ciliegia,
labbra rosse strappate di bacche penduli,
solo questa luce che distilla ricordi
in un velo fradicio d’acquerugiola.
Così è benedetto il frutto
del seno tuo stigio
santa santa ragione del peccato e della miseria
scorpione d’erba, nevasco di frumento.

Roberto Bertoldo, da Il calvario delle gru [La Vita Felice, Milano, 2000]

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► Éléments biographiques & autres poèmes sur L’ombra delle Parole (en italien)
Bibliographie Roberto Bertoldo sur le site de la revue Hebenon

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3 réflexions sur “Roberto Bertoldo ~ extraits de Il calvario delle gru

    • Bonjour Yann ! Oui, R. Bertoldo, c’est une découverte assez récente pour moi, et un engouement toujours renouvelé pour sa poésie. Je suis en cours de traduction d’un entier recueil, avec énorme plaisir, tout en continuant à picorer dans la poésie contemporaine du XXe. Amitiés.

  1. Pingback: Roberto Bertoldo ~ Io parlo poesie | enjambées fauves

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