Rainer Maria Rilke ~ Sens, tranquille ami…

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Sens, tranquille ami de tant de larges,
combien ton haleine accroît encor l’espace.
Dans les poutres des clochers obscurs,
laisse-toi sonner. Ce qui t’épuise

devient fort par cette nourriture.
Va et viens dans la métamorphose.
Quelle est ta plus pénible expérience ?
S’il te semble amer de boire, fais-toi vin.

Sois dans cette nuit de démesure
la force magique au carrefour des sens,
et le sens de leur rencontre singulière.

Que si le destin terrestre un jour t’oublie,
à la calme terre, dis : je coule.
À l’eau vive, dis : je suis.

Rainer Maria Rilke,  (1922), Sonnets à Orphée, Poésie
Éd. Emile-Paul frères, Paris, 1942.
Traduction  Maurice Betz.

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Sonnets à Orphée
►  Rilke sur Esprits Nomades : Le poète des roses et de la mort

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