Une seule femme endormie ~ Pierre Jean Jouve

Photo © Gary Williams

Photo © Gary Williams

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Par un temps humide et profond tu étais plus belle
Par une pluie désespérée tu étais plus chaude
Par un jour de désert tu me semblais plus humide
Quand les arbres sont dans l’aquarium du temps
Quand la mauvaise colère du monde est dans les cœurs
Quand le malheur est las de tonner sur les feuilles
Tu étais douce
Douce comme les dents de l’ivoire des morts
Et pure comme le caillot de sang
Qui sortait en riant des lèvres de ton âme.

Par un temps humide et profond le monde est plus noir
Par un jour de désert le cœur est plus humide.

Pierre Jean Jouve, in Matière céleste (1937)
Dans les années profondes, suivi de Matière céleste et de Proses, Poésie/Gallimard, 1995

► voir le site consacré à Pierre Jean Jouve

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