Un instant appuyé contre le vent ~ Lionel Jung-Allégret

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Sur la route où je marche, jamais on ne sait quand vient
la corde de l’aube. Des insectes noirs palpent l’air qu’on
respire. La nuit entoure d’autres nuits.

Je  vois leurs ailes transparentes
et  la pureté  terrifiante d’un pays de cendres qui brûle.

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Je regarde le jour lent vers l’horizon se poser comme une
paroi immobile rendue à la terre.

Des fourmis suffocantes entrer dans l’ombre des miroirs.

La pensée étendue sur l’herbe couchée.

À  l’heure  inhabitée, qui viendra dans le trouble du soir
parler la langue   funèbre ?

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Une fenêtre de nuit s’ouvre.  Je suis seul à veiller.  Des ailes
de papillons crépitent sur les lampes. Le corps de la maison
a enfermé ses rêves.

Il fait froid devant la lumière.  Des cris étouffés passent  de
chambres en  chambres.  Personne  ne  revient  d’entre  les
murs.

Je regarde un nourrisson comme la pureté qui dort sous
ses yeux d’argent.

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LJA_Un instant appuyé contre le ventLionel Jung-Allégret, extrait d’Un instant appuyé contre le vent,
Encres de Jean Anguera
Al Manar Éditions Alain Gorius, 2014

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Note de lecture d’Angèle Paoli sur Terres de Femmes
► Extraits de précédents recueils Ici & Ici.

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