Georges -Emmanuel Clancier

.

Quel fruit mûrissait ce front sur l’abîme ?
Vers quel jour (enfin venu) mêlant l’or et la cendre
regardaient loin à travers le temps les yeux de songe ?
Closes sous les baisers d’un impossible amour
vers quel amour aussi certain que la mort
les lèvres tendaient ce trait léger entre peine et désir ?
Vol et feuillage, écume et limon des cheveux
que soulevaient l’air, le vent, l’appel des secrets,
fragile parure d’arbres, d’herbes ou d’oiseaux,
lente, souveraine éclosion d’une femme,
d’une grâce ultime pour le passager.

Georges-Emmanuel Clancier, Grâce ultime [Écriture des Jours, 1972]
Le Paysan céleste, suivi de Notre part d’or et d’ombre, Poésie/Gallimard, 2008

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s