Le leveur d’aube

Alba - Georges Kolbe (Exposition universelle Barcelone 1929)

Alba – Georges Kolbe (Exposition universelle Barcelone 1929)

 

 

 

Roule, roule, 

bruit d’un été dont la chaleur blesse le bleu de la montagne. Deviens vêtement moite plaqué à la peau, susurre à l’oreille la langueur des sommeils méridiens. Ton zénith est à moi, dit-il, je prolongerai son feu jusqu’à la chimère, dans la course ravivée de chaque seconde au bord de mourir.

Car je loge haut sur la terre dans un accident du temps. La pierre y tient voûte dans l’ombre bienfaisante, l’eau ruisselle dans la blancheur nue d’un baptême où pêle-mêle, mains, pieds et corps joignent d’union  leur chant.
Et l’orbe lent de la lune y vient dormir à l’approche du matin.

Une suite d’antan raconte son incise dans la nervure du temps bref. Cette pointe ferrée qui effleure le cinq de la pendule, elle ébruite doucement les lueurs perle de l’aurore, la trouble indécence d’un miel grenat que les veines et la bouche ont partagée d’abondance à la terrasse des étoiles.

Leveur d’aube, qui s’empare de la nuit et du jour, d’ivre promesse, à faire et défaire l’amour encore.

VB, Semis pour l’oubli

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