Onzains de la nuit et du désir

 

XXI

« Cet horizon ment-il, lui qui promet
la récompense d’un pays inespéré ?
Que peuvent les mots du poème si les bras
n’étreignent que le vide, si le temps
détourne de nos lèvres ceux qu’avec
tant de sortilèges d’amour
nous aurions voulu retenir ? »
La lune se levait. Le grand silence
pesait comme une pierre sur mon cœur.
Pourtant, un ange vint. Disant
sévèrement : Je suis la question. Non l’oracle.

.

coton

 

XXII

Ils ne nous diront rien, les morts, de ce que l’ombre
leur a appris. Et même s’il semble parfois
qu’ils viennent se pencher par-dessus notre épaule
et nous appellent d’une voix faible, rien ne parvient
à nos oreilles de leur souffle privé de corps. La lumière
suffit à tout éteindre de leur appel.
Si  nous les entendions, c’est qu’une nuit
plus absolue que toute nuit enserrerait nos propres corps,
nous dont les sens veillent toujours, même endormis.
Et c’est pourquoi parfois, à la faveur d’un extrême sommeil
malgré tout, ils adviennent, lorsque nous-mêmes approchons d’eux.

 

JYMasson_OnzainsJean-Yves Masson, Onzains de la nuit et du désir
Cheyne éditeur, 2010 (collection verte)

______________________________________________
► Un autre poème ICI.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s