Cahiers du pub

rue_pie_qui_boit

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Apesantie sur le rempart, la nuit n’y peut rien, qui force encore son geste  pour des voix pérégrines. Janvier mord de son humidité noire trois rois silhouettes dans leur manteau de froid.  À peine repus de leur course d’obscurité,  fendent d’un pas rapide la brume de mer, jouent d’haleine bavarde et de gaîté sonore, poings retranchés dans le pli des poches, hâte au gosier jusqu’au terme de la soif.

Par la porte de Dinan, la pierre m’est témoin — peut-être  entend-elle encore le pavé claquer sous la botte, le pas  fourbu dans la trace introuvable d’un pub à la brune. Rue de la Pie qui boit ou ailleurs — se souvient-on simplement où ? — Irish coffee contre vin chaud ressucent leur ballade  au fond du bar, mousse amère au fond du verre, moue sous la langue  pucelle, des voix de feutre  au comptoir, auxquelles on prête une oreille distraite, quand au fumoir du dehors, la nouba des sèches continue de rauquer son refrain perpétuel.

Images du dehors.  Brun granite et lettres d’or à l’enseigne des rues. Caisses livres et valises, Guinness les entasse de part et d’autre dans la vitrine du monde, là où d’impassibles fantômes numériques  logent leurs poses au journal d’hier .

Ce soir le redise, tous les trottoirs de la ville dans mes yeux rallument leur danse de neige.
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guinness pubVB, De janvier à janvier

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