Don Juan ~ Marina Tsvetaïeva

 Photo © Pierre Diez

Photo © Pierre Diez

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En allumant dans les regards passants
La tristesse et la débauche,
Tu traverses la ville — noir comme la bête,
Maigre comme le ciel.

Tes yeux se couvrent de tourments
Comme de brouillard.
À la boutonnière — une rose, des serments —
Plein les poches !

Oui. J’entends ton appel dans la plainte
D’un violon de cabaret.
Je t’envoie un sourire,
Roi des voleurs !

Je reconnais, déployant ses ailes —
Ce même regard,
Que jadis m’a lancé en Castille
Ton frère aîné.

8 juin 1917

Marina Tsvetaïeva, in Le ciel brûle (suivi de Tentative de jalousie)
Poésie / Gallimard, 2007 – Traduction Pierre Léon & Ève Malleret

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Marina,Marina, ma sœur la vie sur Esprits Nomades
► deux autres poèmes  sur EF

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