On dit le temps

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Nous ferons l’expérience du néant,
nous saurons qu’il n’est pas l’absence, mais un amoncellement de choses tuées.

Joë Bousquet, Le meneur de lune

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On n’ose pas savoir ce que taisent les lèvres altérées de l’homme. Ample mutité, quand la barque chargée de voyages imprécis ne se suffit plus des aveux déposés en son ventre.
Ce ciel trop bas, aux marges obscures, déjetant la parole. L’esquif nourrit sous lui son lieu de purgatoire, dans la rumeur égarée de l’entre-deux rives.

On a coutume alors de vouloir coûte que coûte reprendre la traversée du fleuve, lestés de ces batailles secrètes où s’éploie l’injonction du oui et du non. Mais ce qui gravite au terme, quelle sorte d’importance cela peut-il prendre quand tout est faille en dedans ? Se heurter au monde, sans élan ni grâce. Sans vouloir plus. Ce n’est que cela.

Et l’âme tout de rugosités habite soudain le silence. Rien ne ressuscite plus des mots du tréfonds.

VB, On dit le temps, extrait.

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