Dans la nuit de Supervielle (II)

.

Attendre que la Nuit, toujours reconnaissable
à sa grande altitude où n’atteint pas le vent,
_________mais le malheur des hommes,
vienne allumer ses feux intimes et tremblants
et dépose sans bruit ses barques de pêcheurs,
ses lanternes de bord que le ciel a bercées,
ses filets étoilés dans notre âme élargie,
attendre qu’elle trouve en nous sa confidente
grâce à mille reflets et secrets mouvements
et qu’elle nous attire à ses mains de fourrure,
nous les enfants perdus maltraités par le jour
_________et la grande lumière,
ramassés par la Nuit poreuse et pénétrante,
plus sûre qu’un lit sûr sous un toit familier,
c’est l’abri murmurant qui nous tient compagnie,
c’est la couche où poser la tête qui déjà
_________commence à graviter,
à s’étoiler en nous, à trouver son chemin.

 Jules Supervielle, Le forçat innocent suivi de Les Amis inconnus,
nrf Poésie/Gallimard,1969

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