Nelly Sachs (II)

.

C’est un excursus vers un endroit
où les ombres paraphent d’autres contrats —
Tu es assis détourné de moi
ton dos traverse la nuit
tes propos avec ton vis-à-vis sont sans bruit
prophéties — pâles éclairs
sur la paroi de cendres

Dans la verdure on meurt beaucoup
Dans les tombes vous êtes proximité sableuse —

*

Et tu marchais sur la mort
comme l’oiseau dans la neige
scellant la fin toujours de noir —
Le temps avalait
ce que tu lui donnais en adieu
jusqu’à l’extrême abandon
le long des doigts
nuit des yeux
à corps perdu
L’air baignait  — ellipse —
la route des douleurs —

traces dans la neige

Plus vite, Temps, plus vite
quand la deuxième seconde met à genoux la première
et que l’armée d’or a défilé tout le jour
en hâte
jusqu’à ce qu’au soir tous soient vaincus
le ciel est un romarin
la nuit ombre la mort de sa couleur originelle
les éléments brûlent du mal du pays
ils courent à la mer
à perdre souffle
refusent la floraison
car de nouveau quelqu’un est mort
qui était l’arpenteur du temps —
.

Nelly Sachs, Énigmes ardentes
in Partage-toi, nuit – Verdier, 2005

(Traduit de l’allemand par Mireille Gansel)

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► voir aussi sur EF : Nelly Sachs (I)
► D’autres poèmes sur Terres de Femmes : Quand le jour devient vide / Tourment
► sur Esprits Nomades : Les lèvres et les paroles contre les pierres et la fumée

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