L’enfant de Kebili ~ René Laporte

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Il tendait un oiseau captif au voyageur
peut-on vendre l’angoisse avec un tel visage
et flottait dans ses yeux des nappes de douceur
comme en laisse la mer par flaques sur les plages

L’enfance fait ses tours mortels sans s’agiter
roulée dans l’innocence une étrange province
il lui faut bien du temps pour apprendre à pleurer
de plus que d’une chute ou d’un jeu qui l’évince

Elle donne le mal comme un fruit non volé
en retenant l’oiseau dans ses délires d’ailes
l’enfant ne savait pas qu’un jour son tour viendrait
et qu’il serait oiseau pour une main cruelle.

René Laporte, Les chemins de l’Afrique [Julliard]
in Cent poèmes pour ailleurs, anthologie par Claude Michel Cluny, Orphée La Différence, 1991

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