Brèves notes d’hiver

trait de feu_VB

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Dans le pré-soir de décembre, à l’endroit d’un dépeuplement, règne de varech et de rocher, à l’envers exact d’un trou de vacarme. L’horizon devenu maître-mot, qu’on ne quitte pas des yeux. C’est étonnant d’habiter un si long moment le simple espace du regard, sans que bouge le corps, à peine un léger mouvement des pupilles semblant accompagner d’arrière en avant la pensée — une fixité, qui épouse le froid. Cela mord, toute extrémité avalée par l’hiver. Le nez rosit, les doigts bâtonnets de givre sous le gant, le pied à la rechigne, il voudrait mouvance, il voudrait marche, il voudrait sentir jusqu’à l’ongle la tiède irradiation du sang.

Ne bouge pas, ne bouge pas…

Déparler. Non pas de cette déparole qui met à bas la raison, rien que le silence que l’on porte taciturne à la bouche.

Il y a ce trait de feu qui habille le lointain, l’astre qui crache sa lumière à la borne des nuages, un or liquide et violent qui fait esclandre au ciel terne. Un léger rose en coulisses de la nue, le présent s’y dépèce dans quelque murmure entendu du dedans. Le vent dit-il mieux que la voix l’histoire que l’humain interroge ? Prendre source dans le mélange des yeux et la restitution de sucs  de vies mal comprises, mal voulues, mal aimées.

Et le jour tombe doucement, qui affaisse l’impatience et la faim.

VB, Décembre 2012

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