Trois poèmes de Yeats

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QUE VIENNE LA NUIT

Elle vivait dans l’orage et les querelles,
Son âme avait un tel désir
De ce que la fière mort peut apporter
Qu’elle ne pouvait supporter
Le bien commun de la vie,
Mais elle vivait telle un roi
Emplissant le jour de ses noces
D’étendards et de flammes,
De trompettes et de timbales,
Et du canon impétueux
Pour congédier le temps
Et que vienne la nuit.

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Subversion © Miriam Sweeney

Subversion © Miriam Sweeney

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L’AUBE

Je voudrais être aussi ignorant que l’aube
Qui contemplait de là-haut
Cette vieille reine mesurant une ville
Avec l’épingle d’une broche,
Ou les hommes décrépits qui observèrent
Depuis leur pédantesque Babylone
La course des planètes insouciantes,
Et les étoiles blêmir au passage de la lune,
Prirent leurs tablettes et firent des calculs ;
Je voudrais être aussi ignorant que l’aube
Qui se dressa simplement, son chariot chatoyant branlant
Sur les épaules brumeuses des chevaux ;
Je voudrais être — car le savoir n’est qu’un fétu de paille —
Aussi ignorant et exubérant que l’aube.

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Photo © Ilivo Kandaveli

Photo © Ilivo Kandaveli

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UNE MÉDITATION EN TEMPS DE GUERRE

D’une pulsation des artères,
Tandis que j’étais assis sur cette vieille pierre grise
Sous le vieil arbre brisé par le vent,
Je sus que l’Unique est animé
Et l’Humanité un fantasme inanimé.

William Butler Yeats, Après un long silence – Editions La Part commune, 2013.
Traduction Guy Chain

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