Très nobles hiérarques ~ Cristina Campo

_

Très nobles hiérarques,
merci pour le silence,
l’abstention, la sainte
gnose de la distance,
le jeûne des yeux, le veto des voiles,
la noire cordelette qui noue aux cieux
de cent cinquante fois sept nœuds de soie
chaque tremblement du pouls,
l’auguste règle de l’amour introublé,
la danse divine de la réserve :
impérial incendie qui embrase,
comme en Théophane le Grec et André le Diacre,
de mille Thabor l’or de vos coupoles,
ouvre les yeux du cœur sur les glacis d’azur,
et revêt de sang les donjons…

Que la proximité éteint
comme une pluie de cendres.

Cristina Campo, extrait de Le Tigre Absence, Arfuyen, 1996
Trad. Monique Baccelli

Nobilissimi ierei,
grazie per il silenzio,
l’astenzione, la santa
gnosi della distanza,
il digiuno degli occhi, il veto dei veli,
la nera cordicella che annoda ai cieli
con centocinquanta volte sette nodi di seta
ogni tremito del polso,
l’augusto cànone dell’amore incommosso,
la danza divina del riserbo :
incendio imperiale che accende
come in Teofane il Greco e in Andrea Diacono,
di mille Tabor l’oro delle vostre cupole,
apre occhi del cuore negli azzurrissimi spalti,
riveste i torrioni di Sangue…

Che prossimità spegne
come pioggia di cenere.

Crisitina Campo, tratto da La Tigre Assenza, Biblioteca Adelphi, 1991

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s