La figlia che piange ~TS Eliot

O quam te memorem virgo…

Stand on the highest pavement of the stair —
Lean on a garden urn —
Weave, weave the sunlight in your hair —
Clasp your flowers to you with a pained surprise —
Fling them to the ground and turn
With a fugitive resentment in you eyes :
But weave, weave the sunlight in your hair.

So I would have had him leave,
So I would have had her and stand and grieve,
So he would have left
As the soul leaves the body torn and bruised,
As the mind deserts the body it has used.
I should find
Some way incomparably light and deft.
Some way we both should understand,
Simple and faithless as a smile and shake of the hand.

She turned away, but with the autumn weather
Compelled my imagination many days,
Many days and many hours:
Her hair over her arms and her arms full of flowers
And I wonder how they should have been together!
I should have lost a gesture and a pose.
Sometimes theses cogitations still amaze
The troubled midnight and the noon’s repose.

Cambridge (Mass.) – 1911.

Thomas Stearns  Eliot, First Poems (1910 – 1920)

Francesca © Photo Migajiro

Francesca © Photo Migajiro

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La figlia che piange

O quam te memorem virgo…

Tiens-toi sur la plus haute marche du perron —
Accoude-toi à l’urne —
Tisse, tisse le soleil dans tes cheveux —
Serre tes fleurs contre toi avec une surprise douloureuse —
Lance-les à terre et détourne-toi
Avec un ressentiment fugitif dans les yeux :
Mais tisse, tisse le soleil dans tes cheveux.

Ainsi aurais-je voulu le voir partir,
Ainsi aurais-je voulu qu’elle se tînt, qu’elle souffrît,
Ainsi, donc, serait-il parti
Comme l’âme abandonne le corps défait, meurtri,
Comme l’esprit délaisse le corps qui l’a servi.
Quand trouverai-je
Une voie légère, subtile incomparablement,
Une voie que toi et moi pourrions comprendre,
Simple et sans foi comme un sourire et une poignée de main.

Elle se détourna, mais de concert avec l’automne
Tyrannisa mon imagination pour de longs jours,
De longs jours et de longues heures :
Ses cheveux sur ses bras et ses bras pleins de fleurs.
Comment donc avaient-ils bien pu se réunir !
J’aurais perdu, sinon, un geste et une pose.
Parfois encore ces réflexions étonnent
La minuit inquiète et le midi tranquille.

Cambridge (Mass.), 1911.

Thomas Stearns Eliot, La terre vaine et autres poèmes (Premiers poèmes),
Seuil, Points Poésie, 2006 – Traduction Pierre Leyris

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Bio-Bibliographie (en anglais)

cliquer pour écouter le poème (image ci-dessous)

La figlia che piange

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Une réflexion sur “La figlia che piange ~TS Eliot

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