Stratis Pascàlis

Sculpture
Penny Hardy

.

Il prend figure si vite, le vide et apparaît
un ange, tel un rayon
dont la lumière parfois traverse l’air
et les vers luisants de la poussière soudain visibles tourbillonnent comme l’univers,
bataillons ailés, que bouche bée nous voyons se former,
fruit d’un immatériel accouplement,
et les mots manquent pour une pareille apparition,
en suspens dans la chambre noire teintée de bleu,
sans plus d’image ou de figure qui résiste
à une telle confession.

*

Ô lieu désert avec tes palmiers et tes ruines
quelle parfaite image tu donnes de ce beau désastre,
dans ce lieu sans mémoire
où seule existe la rêverie  — pierre en miettes
avec orgueil dressant son désastre
et lui dans les hauteurs battant des ailes
chassant inhumainement tout l’humain ;
des décombres sanglants sombrent à l’horizon,
dans cette même ivresse dont les crépuscules s’allument
où que se couchent les Hespérides.

*

Ailes rouges nuages bleus qu’importe
ce soir se déploie l’esprit — le ciel s’étant soûlé
tire le rideau dévoilant l’Ailleurs.

Il faut une profonde anesthésie, une sacrée hypnose,
pour voir ces couleurs
que l’âme seule peut totalement contempler.

Soir cru, sans coeur, tout en visions.

Stratis Pascàlis, extrait de Mihaïl ( traduit du grec par Michel Volkovitch)
in Anthologie de la poésie grecque contemporaine, Poésie/Gallimard, 2007

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►sur le site de Michel Volkovitch, d‘autres poèmes de S. Pascàlis
► sur Publie.net, Poèmes d’un autre (recueil)

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