Solitude de Qo ~ Dominique Sorrente

.

Solitude de Qo, à présent, sanglée
des jours qui ne sont pas venus.

On entendait des pas. On vivait dans ce
leurre.

C’était comme le chemin de grands oiseaux
qui s’était mis à croire que, lui aussi, volait.

 Il te faut promettre la source.

Il te faut promettre la chute.

Puis tout ce qu’il te faut
devient braise.

L’injonction, venue d’on ne sait où,
attise alors trop de feu dans la tête.

Calmer le jeu, dit la pitié.

À quoi bon témoigner
de choses qui voulurent être
et ne sont plus
dans cette ville qui se rencogne sur la carte ?

Des pieds abordent le trottoir,
une noria de silhouettes
s’en va,
et les quelques mille fumées travaillent
au devoir délabré des saisons.

Et il se peut alors cela.

Qo pleure dans tes larmes.

D. Sorrente,  Le Petit Livre de Qo , Cheyne, 2001.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s