Poignard & Paix

  Mise en voix, Jean-Jacques Marimbert   

.

LE POIGNARD

Un vieux poignard de traître
usé au mélodrame
fut trouvé par une main gantée
arrachant les orties.
Le silence était grand et fort
comme en enfance
des champs de pommier
des fleurs de village
des barrières étroites
composaient un long soir
la couleur d’absolu
baignait les paysages
un pollen de lys
était tombé dessus
la lame du poignard.

.

.

LA PAIX

Un voyou appelé Trompe-la-Mort
une fille que bleuissaient ses coups
sur une ville bâtie à chaux et à sable
dans un bloc du temps
mil neuf cent dix
arrivaient à vivre et à mourir.
Les chapeaux hauts de forme
couleur de fumée
se voyaient dans les rues atones.
Un homme appelait son frère
une femme se tuait par amour
quelques-uns prédisaient la guerre
pour un jour.

Jean Follain, poèmes extraits de Exister, Poésie/Gallimard, 2003

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