Esquisse pour la vivante ~ Dominique Sorrente

© Photo Tomas Ruck

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Je suis celle qui se voue à la flamme, dis-tu..

Et moi,
dormeur debout
ou marcheur allongé,
je me vois pactiser avec le corps du feu..

Nu parmi les encres sèches,
avant de retourner à la boue,
avant que chaque mot me dépossède
sous sa feuille de verre,.

je me vois
qui écoute, émerveillé,
où ton ventre respire,
dans le magma pur des origines,
le bruit que fait une chute
insignifiante..

Où plus rien ne résonne, tu te lèves, tu es la vivante.
.
Sur l’univers de ta peau, je consacre chaque centimètre.

Et voici,
dans l’incertain pays, je touche la violence, et la douceur
de cette violence,
quand tu dis : désastre de l’enfant intérieur.

Puis j’imagine le cocotier aux deux sexes dans une seule graine,
et le doreur sur trempe
qui dit : on a toujours deux vies..

C’est bien ici. Les amoureux se reconnaissent
à leur façon de trouver des anagrammes
aux prénoms de la terre.
Ils rient pour faire de la conversation une oeuvre d’art.

Sur ce rebord du monde qui nous rendra tous étrangers,
je suis
un corps debout
qui tient le paysage.

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Dominique Sorrente, Esquisse pour la vivante (extrait)

C’est bien ici la TerreÉditions MLD, 2012

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