Ars poetica

Photo © Chris Friel

Photo © Chris Friel


Je veux que le poème soit nuit, errance
dans des rues isolées, des artères
où la vie vient danser. Je veux
qu’il soit combat, non pas musique dénouée
mais passion d’exprimer en soi l’incohérence
le désordre qui prendra feu si l’on ne joue pas
le tout pour le tout
tandis que les autres, indifférents, sûrs d’eux
se gaspillent ou se préparent le soir
à mourir, toute la nuit je cherche des petits cailloux
incorruptibles dans le monologue de chaque jour
même très usés. Qu’ils brillent
dans leur épaisse obscurité, maigres insectes
hasardeux, que le sens tue
et qu’abreuve le sentiment
.

Nikos-Alèxis Aslànoglou,  La mort de Myron (1959)

 Anthologie de la poésie grecque contemporaine 1945-2000
nrf Poésie/Gallimard, 2007, p.145

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